Chronique de concert

La bande commence bille en tête par l’enchaînement de deux des quatre tueries de leur dernier maxi. Le flow acide d’Ideas s’enchaîne parfaitement avec l’irrésistible refrain du tube en puissance I need an enemy. En deux morceaux, tout ce qu’on espérait du groupe en live est d’ores et déjà là. La bande réussit parfaitement et avec une classe folle à transposer la méticulosité des compositions. La suite va confirmer et même dépasser ce constat. Parce que les Stéphanois vont tout simplement exploser toutes nos espérances. Car ce qui frappe et ravit chez ces gens, en plus de leur talent de composition et d’interprétation, c’est leur épatante complicité. Un lien palpable passe entre eux et donne encore une chaleur supplémentaire à leurs merveilleux morceaux. Une si belle bande mérite bien qu’on les cite tous. Honneur aux dames, Estelle Farine à la flûte et Pauline Dupuy à la contrebasse et au chant, apportent une touche discrète mais très classieuse aux chansons. Juste à côté Jean-Christophe Lacroix jongle avec maestria et flegme entre chant, violon et trompette. Le tonitruant trombone du déchaîné (normal c’était son anniversaire) Thomas Boudineau apporte sa chaleur et sa flamboyance. Le jeu de batterie étonnant et chaloupé de Flavien Girard charpente l’ensemble avec une savoureuse touche jazzy. Enfin, Mickaël Mottet lie tout ça avec sa présence, son jeu de guitare gracieux et son inimitable phrasé dont les accents hip hop ressortent avec force en live. Le chanteur racontait en interview qu’il avait ajouté le seyant fucking à l’appellation du groupe pour montrer à quel point il l’épatait. Ils auront largement prouvé ce soir qu’ils le méritaient plus qu’amplement.

Logiquement, le public réagit en leur offrant un retour à la hauteur du cadeau qu’il nous font et ça devient un de ces moments magiques où artistes et spectateurs s’éclatent avec un plaisir aussi ineffable qu’équitable. Le groupe livre une généreuse prestation d’une bonne heure et quart qui fera la part belle au dernier maxi et à l’album Now mais qui ira aussi piocher du côté de The And et d’Oulipo Saliva. Et quand ils pensent s’en sortir en liant l’ouverture et la conclusion de leur quatrième album, le public en réclame encore. Ils concluront tout en émotion par un superbe et feutré Took no drugs, had no drink (it was all in our minds) où le batteur au bord de l’épuisement tambourinera en douceur ses toms du bout des doigts.

Ce fut donc une superbe soirée et surtout une magnifique revanche sur le coup du sort qui nous avait privé de leur venue à Noël dernier. Le genre dont on repart en se disant « Wow, j’y étais » et dont on chérit le souvenir tout en guettant la prochaine occasion de revoir le groupe. Surtout que la petite causette qu’on a eu avec eux après le concert confirme qu’en plus d’être talentueux, ils sont aussi adorables.

Merci encore mille fois à Kfuel, à Freeson, à l’Avant-Scène et à tous ceux qui ont rendu ce moment magique possible.

Mr. B, Alter1fo.com

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